Comment organiser un test Luc Léger avec un groupe ?
Un couloir de 20 m par coureur, mesuré au décamètre, deux lignes nettes, une enceinte assez forte pour couvrir le souffle de trente personnes, et une méthode de notation avant de lancer le premier bip. Faites passer douze à quinze coureurs par vague, avec un observateur pour six coureurs, et notez le palier au moment où chacun s’arrête, pas à la fin.
Avant le jour J
Le terrain. Une surface plane et non glissante, en salle de préférence. Mesurez 20 m au décamètre, jamais au pas, et tracez deux lignes franches sur toute la largeur. Un terrain de handball donne un couloir de 40 m de long sur 20 de large : on utilise la largeur. Prévoyez 1,5 m de large par coureur et un mètre de dégagement derrière chaque ligne pour le demi-tour.
Le son. C’est le point qui rate le plus souvent. Trente personnes qui respirent, des chaussures qui crissent : une enceinte de téléphone ne suffit pas. Placez une enceinte Bluetooth au milieu d’une ligne, à hauteur d’oreille, et testez le volume à l’autre bout du terrain avant l’arrivée du groupe.
La notation. Préparez une liste nominative avec une colonne palier et une colonne navettes. Un observateur note six coureurs au maximum ; au-delà, il rate des arrêts. Une application qui affiche les noms et enregistre le palier d’un tap dispense de la feuille, et évite l’erreur classique du nom décalé d’une ligne.
Les consignes, en deux minutes
À dire debout devant le groupe, une fois, avant l’échauffement :
- Vous courez d’une ligne à l’autre. Au bip, un pied doit être sur la ligne ou derrière.
- Les bips accélèrent chaque minute. Ne prenez pas d’avance : partez sur le bip, arrivez sur le bip.
- Si vous êtes en retard une fois, rattrapez la ligne à la navette suivante. Deux retards de suite, vous sortez, et votre score est le dernier palier terminé.
- Quand vous sortez, écartez-vous des couloirs et venez donner votre nom à l’observateur. Ne vous asseyez pas, marchez.
- Personne ne s’arrête pour un autre. On s’arrête quand on ne peut plus, pas quand le voisin s’arrête.
Pendant le test
L’observateur regarde les lignes, pas les coureurs : ce sont les pieds qui manquent la ligne, et c’est là que ça se voit. Les cinq premiers paliers servent surtout à repérer ceux qui partent trop vite ; un mot suffit pour les recaler.
Les abandons se concentrent entre les paliers 6 et 10. C’est le moment où l’observateur est occupé : un coureur qui sort, il faut noter son nom et son palier tout de suite, avant le suivant. Si deux sortent en même temps, le premier dit son nom, le second attend. Une navette plus tard, les deux sont notés.
Au-delà du palier 12, il reste peu de coureurs et ils sont faciles à suivre. Laissez-les aller au bout : les derniers paliers sont le résultat le plus intéressant du test, et celui qu’on a le moins souvent l’occasion de voir.
Après
Chaque coureur repart avec deux chiffres : son palier, et la VMA correspondante, que le tableau du test donne directement. C’est cette VMA qui sert à la suite, pour calibrer les séances de fractionné ou, dans un cadre scolaire, pour fixer des allures de course individualisées.
Refaites le test dans les mêmes conditions six à huit semaines plus tard : même salle, même enceinte, même heure. Le test navette est fiable à un palier près quand les conditions ne changent pas, et il ne l’est plus du tout quand elles changent.
Les erreurs d’organisation qui faussent tout
- Une distance mesurée au pas. Un mètre de moins donne un palier de plus à tout le monde.
- Une enceinte trop faible : les coureurs du fond se calent sur ceux de devant, et tout le groupe dérive.
- Noter les résultats à la fin, de mémoire.
- Laisser les premiers sortis s’asseoir sur la ligne d’arrivée, dans le champ des coureurs.
- Faire passer le test après une séance : la fatigue coûte deux paliers et le résultat ne vaut rien.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Combien de coureurs peut-on tester en même temps au Luc Léger ?
Autant que le terrain a de couloirs de 1,5 m de large, en pratique douze à quinze sur un terrain de handball. Au-delà, on ne voit plus qui manque la ligne. Deux vagues valent mieux qu’une vague bondée.
Comment noter le résultat d’un test Luc Léger ?
Le dernier palier terminé, et le nombre de navettes courues dans le palier suivant, sous la forme « 8 + 5 » ou « 8,5 ». Notez au moment de l’arrêt de chaque coureur, sur une feuille préparée avec les noms, ou dans une application qui associe un nom à un palier d’un tap.
Que faire quand un coureur rate un bip ?
Premier retard : avertissement, il doit rattraper la ligne dans la navette suivante. Deuxième retard consécutif : il sort et son score est le dernier palier terminé. Annoncez la règle avant le départ et appliquez-la à tout le monde.